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UN PEU D'HISTOIRE...

 

un

1. Avant l'Abbé de l'Epée

gif professeur
deux

2. L'âge d'Or de la langue des signes

trois

3. L'interdiction de la langue des signes : le congrès de Milan

quatre

4. Le LPC

cinq

5. Situation de la communauté Sourde depuis les années 70

 

 

 

AVANT L'ABBE DE L'EPEE....

 

L'histoire de la Communauté Sourde a débuté avec l' idée de l'Abbé de l'Epée de regrouper les Sourds afin qu'ils enrichissent la langue des signes. Avant cela, les Sourds étaient isolés et, pour la plupart, considérés comme stupides.

papyrus et plume
 
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L'AGE D'OR DE LA LANGUE DES SIGNES

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portrait de l'Abbé de l'Epée

L'Abbé de l'Epée

 

L’Abbé de l’Epée (1712-1789)  a joué un rôle capital dans l’institutionnalisation de la Langue des Signes.

Sa rencontre avec les Sourds se fait tout à fait par hasard. Abbé dans une paroisse de Paris, il aperçoit en 1760 deux jumelles sourdes discuter en faisant des gestes. Il est aussitôt fasciné, et a l’idée de regrouper les enfants sourds afin qu'ils enrichissent la langue des signes, et profitent des bienfaits de l’instruction pour devenir de "bons chrétiens et de bons ouvriers".

Cette année, il fonde donc la première véritable école pour Sourds. Les élèves viennent de tous les milieux, et certaines années, ils atteignent le nombre de 70.

L’Abbé de l'Epée se sert également de la langue des signes pour enseigner le français écrit à ses élèves, afin qu’ils puissent s’ouvrir au reste de la société. Il crée donc ses propres signes qu’il insère dans la langue des signes pour enseigner le français : les signes méthodiques, qui correspondent à peu près à du français en gestes. Un mot français correspond à un geste, y compris les mots grammaticaux. Mais ces signes de l’Abbé ont été un échec pédagogique, les enfants ne les ayant jamais intégré. L’Abbé a longtemps enseigné seul le français à ses élèves, puis il a fait appel à des instituteurs, car il connaissait certainement la langue des signes, mais il ne la pratiquait pas forcément très bien.

Ainsi, la population de Sourds s’agrandit avec les institutions de l’Abbé de l’Epée (plusieurs instituts ont été ouverts, notamment à Bordeaux, Metz et Chambéry). Les Sourds, qui étaient éparpillés, se regroupent pour former une grande communauté.

L’Abbé de l’Epée meurt en 1789, ruiné par son entreprise, la plupart de ses élèves étant pauvres. Il est aujourd’hui  reconnu comme un bienfaiteur pour la communauté Sourde, ayant permis une uniformisation et une institutionnalisation de la langue des signes.

Puis l’Abbé Sicard lui succède, et la Convention reconnaît en 1790 les établissements de Paris et de Bordeaux, et l’école tenue auparavant par l’Abbé de l’Epée devient l’INJS : L’Institut National des Jeunes Sourds, et se situe rue Saint-Jacques, à Paris. Sicard en devient le directeur. Il a pu obtenir ce poste grâce aux prodigieux progrès de son élève sourd, Jean Massieu, qui deviendra un grand professeur sourd en France.

Ses méthodes pédagogiques montreront qu’il n’avait pas compris la psychologie de ses élèves sourds, et de la surdité de manière générale.

Puis en 1817,  Bébian, professeur entendant à l’institut de Paris, devient responsable pédagogique de l’INJS. Il opte pour une méthode éducative bilingue : il utilise la langue des signes comme langue d’enseignement afin d'inculquer le français à ses élèves. En cela, il est un bon successeur à l’Abbé de l’Epée, contrairement à Sicard qui n’utilisait nullement la langue des signes.

Le fait d'utiliser la langue des signes comme langue d'enseignement permet de justifier le rôle des professeurs Sourds . Ainsi, la langue des signes a pu recevoir un droit de cité, et est adoptée par les grandes écoles de province, qui se multiplient (Lyon, Orléans….) et deviennent le point de ralliement des communautés Sourdes de chaque région.
Ceci a par ailleurs permis une reconnaissance de la communauté Sourde, communauté possédant sa propre langue.

 
 

tableau Abbé de L'Eppée enseigant à ses élèves

L'Abbé de l'Epée enseigant à ses élèves

L'INJS

portrait Sicard

Sicard

 

 

 
 
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L'INTERDICTION DE LA LANGUE DES SIGNES : LE CONGRES DE MILAN

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    En 1878, un premier congrès se déroule à Paris. Il en ressort  que la méthode consistant à faire parler les sourds (la méthode oraliste) est plus humaine que les signes, considérés comme de la pantomime.

Et c’est en 1880 qu’à lieu le congrès de Milan, où il est question d’interdire la LSF. Un seul sourd se trouve à ce congrès, un américain accompagné de son interprète. Tous deux partiront en claquant la porte, scandalisés.

Les arguments exposés en défaveur de la Langue des Signes sont les suivants :

  1. les personnes utilisant les gestes auraient plus de chance de contracter la tuberculose.
  2. la méthode gestuelle n’est pas esthétique, en particulier pour les filles.

L’interdiction totale de la Langue des Signes est donc décidée lors de ce congrès, en faveur de la méthode oraliste pure : les élèves ne peuvent plus communiquer entre en langue des signes, et leur enseignement se fait en langue orale.

Les américains sont les seuls à ne pas avoir accepté cette décision du congrès.

Les conséquences de ce congrès sont catastrophiques.
Tout d’abord, tous les employés sourds des instituts sont renvoyés, et on interdit aux sourds d’exercer des métiers dans l’enseignement.
Les élèves, quand à eux, doivent porter un écriteau comportant l’inscription «Vive la parole » lorsqu’ils sont punis, et on leur attache les mains dans le dos pour les empêcher de signer.
C’est par ailleurs une catastrophe pédagogique, les élèves sont pour la majorité en échec scolaire, leur enseignement se faisant uniquement en langue orale.
Mais la langue des signes est vitale pour les Sourds, elle n’a donc jamais vraiment disparu.

Face à cette catastrophe, BINET et SIMON écrivent un article qui parait dans la revue Année psychologique, en 1909, blâmant la méthode oraliste. Comme BINET, psychologue, a une grande personnalité et de l’influence,  on autorise les élèves à signer à nouveau entre eux en 1910, mais on en reste encore à la méthode oraliste.

Il faudra attendre 1976 pour que la langue des signes soit de nouveau appliquée dans l'enseignement.

 

 

 

 

portrait alfred binet

Alfred Binet

 
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LE LPC

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photo de R Orin Cornett

R.Orin Cornett

 

Le LPC a été mis au point en 1967 aux Etats-Unis par le physicien R.ORIN CORNETT. C’est une méthode révolutionnaire appelée Cued-Speech ou Langage Parlé Complété (LPC) en français, destinée à aider les sourds à comprendre les messages oraux, ainsi qu’à apprendre le langage parlé.

Cette méthode a été introduite en France en 1977, et connaît un excellent Sdéveloppement, notamment auprès des familles et des professionnels du domaine de la surdité

Le LPC a été adapté à plus de 42 langues et dialectes, et est aujourd’hui utilisée par des Sourds du monde entier.

 

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SITUATION DE LA COMMUNAUTE SOURDE DEPUIS LES ANNEES 70

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En 1975 se déroule le congrès mondial des Sourds à Washington (à l’université Gallaudet), et les français se rendent compte que les sourds américains n’ont pas de problèmes de socialisation : ils peuvent exercer beaucoup plus de métiers qu’ailleurs.

Des moyens sont donc mis en place, en France, pour améliorer la situation sociale des sourds. Bernard MOTTEZ, sociologue rencontre ainsi MARKOWICZ, chercheur à Gallaudet, et lui propose de venir travailler avec lui en France. Ce dernier accepte, et tous deux vont créer un groupe d’études sociologique et linguistique de la communauté Sourde en France.

Ils créeront un séminaire qui durera un an, ainsi qu’un journal appelé Coup d’œil. Ce dernier sera publié de 1977 à 1986.

En 1975, J.GREMION, directeur de troupe de théâtre, demande à Alfredo CORRADO, metteur en scène américain sourd de venir travailler avec lui en France, afin  de fonder un théâtre pour les Sourds. GREMION trouve un local : une tour du château de Vincennes, et petit à petit, de jeunes Sourds s’intéressent à ce que fait CORRADO, et entrent dans cette troupe. Ainsi est né IVT (International Visual Theater), en 1976. Ainsi, Bill MOODY, grand interprète, profite des lieux pour enseigner la LSF, car il n’y avait jusque là aucun lieu où était enseignée la LSF.

En 1977, des orthophonistes prennent leurs premiers cours de LSF à IVT, ainsi que quelques enseignants.

Les Sourds et les Entendants, qui n’avaient jusque là aucune relation, commencent à s’ouvrir les uns aux autres dans les années 1970.

Ce changement de mentalités s’est amorcé après un siècle d’oppression, et le combat des Sourds n’est aujourd’hui pas terminé.

 

photo université de Gallaudet

L'Université Gallaudet

 
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